Annecy Psa Open : une valeur montante

Douze mois après le succès de l’épreuve inaugurale, l’Annecy PSA 
Open remet le couvert à partir de mardi prochain au club du Visaform.

Prize money en hausse, forte délégation Française : tous les
ingrédients sont à nouveau réunis pour un tournoi que l’association
Seynod Annecy Squash inscrit dans une politique de développement à
long terme.

Article de Jérôme Elhaïk

C’est un phénomène que l’on espère ponctuel : seulement six tournois PSA auront lieu
dans l’hexagone en 2017-2018, contre dix la saison dernière. À l’inverse de cette
tendance, l’Annecy PSA Open rempile non seulement pour une deuxième année, mais
avec un prize money doublé (de 5 à 10 000 $). « Avec le recul, le bilan de la première
édition est très positif, » indique Sébastien Singh, président de l’association Seynod
Annecy Squash, et pierre angulaire d’un comité d’organisation qui compte bien inscrire
l’évènement sur la durée. « Aussi bien en termes de qualité des matches, d’implication
des bénévoles et d’image. » La promotion de la discipline – notamment auprès des
jeunes – dans une région où elle était relativement méconnue était l’un des principaux
objectifs. Il a été largement atteint, pour la plus grande satisfaction des partenaires.
« Nous avons eu de bons retours de la ville, qui nous accompagne à nouveau, » précise
Singh, « alors que nous avons même des sponsors supplémentaires, en plus de ceux qui
ont renouvelé leur engagement. » On prend les mêmes et on recommence, l’expression
est également valable du côté des bénévoles. Comme l’an dernier, ils ne sont pas
seulement issus de l’association hôte, mais de plusieurs clubs voisins. « C’est une
œuvre collective, » rappelle Singh,  « nous travaillons en collaboration avec le Comité
Interdépartemental du Squash Savoyard, et l’idée est que le tournoi n’ait pas forcément
lieu à Annecy tous les ans. »

La première édition de l’Annecy PSA Open avait été un franc succès (ici, les organisateurs en compagnie des deux
finalistes) (Crédit photo : Draz Foto)

En attendant, c’est bien au club du Visaform, « dont les responsables étaient ravis de la
première édition, » que les joueurs prendront leurs quartiers à partir de mardi prochain.
Et depuis douze mois, la jeune association qu’il héberge a continué à grandir (Seynod
Annecy Squash a vu le jour en 2015). « Nous avons désormais 140 licenciés (NDLR :
contre 90 l’année dernière), dont une vingtaine de femmes. Et l’école de squash compte
25 jeunes, ce qui représente sa capacité maximale pour l’instant, » précise son président.
Plus qu’un aboutissement, l’accueil d’un tournoi du circuit professionnel fait donc
partie intégrante d’un projet de développement à long terme. Tout comme la montée
en puissance de l’équipe fanion, promue en Nationale 3 et qui occupe la tête de sa
poule à la mi-saison (la troisième journée à lieu samedi). « Nous nous sommes renforcés
avec les arrivées de l’Égyptien Tarek Shehata et de Yannick Wilhelmi, jeune frère de Luca
qui jouait déjà chez nous. » Âgé de 17 ans, le Suisse a fait étalage de son potentiel en
atteignant récemment la finale de l’Open de France Junior puis en remportant celui
d’Allemagne le week-end dernier à Hambourg. « Si on peut monter dès cette année en
N2, on ne va pas s’en priver, » confie Singh. « Mais on ne veut pas aller trop vite en
besogne, et connaître les mêmes mésaventures que nos voisins d’Évian-Thonon- Gaillard
en football … (club qui a connu une ascension rapide jusqu’à la Ligue 1 avant de quasiment disparaître en raison de problèmes financiers). Notre objectif est néanmoins
d’aller le plus haut possible. Et si à moyen ou long terme, des jeunes formés au club
pouvaient faire partie de l’équipe, ce serait magnifique. » En attendant, ils pourront
encourager Tarek Shehata et Luca Wilhelmi la semaine prochaine (le Suisse est wild
card dans le tableau principal, comme en 2017).


Signe de la bonne santé du club, les deux équipes fanion visent la montée en Nationale 2 (Crédit photo : Seynod
Annecy Squash)

En plus de celle évoluant en N3, l’association compte six équipes au niveau régional.
Déjà responsable de la communication d’un événement « qui permet de faire connaître
le squash , » Coralie Segers conserve les mêmes fonctions cette année, « mais j’ai
franchi une étape supplémentaire car maintenant je fais partie de l’équipe
féminine (rires), » précise celle qui évoluait auparavant à Annonay aux côtés de sa
sœur Fanny, vice-championne de France junior. « On est actuellement en tête de la
première division régionale, et on va également tenter de monter en Nationale 2. » Segers
– qui comme l’an dernier vous fait découvrir les joueurs Français participants avec un
regard décalé sur la page Facebook du tournoi – confirme que l’open international
génère un « certain engouement » au sein d’un club où cohabitent en harmonie
compétiteurs et joueurs loisir. « Quel que soit leur âge ou leur niveau, le fait de voir des
professionnels leur donne envie de jouer, » ajoute Singh. D’autant qu’avec le passage
dans la catégorie 10 000 $, le spectacle devrait être au rendez-vous : six membres du
top 100 seront de la partie, dont Richie Fallows (59ème), grand espoir du squash
Anglais et favori logique de la compétition. Mais aussi le Jordanien Mohammed Al
Sarraj, « qui n’avait pas pu venir l’an passé en raison de problèmes de visa, » et
l’Égyptien Mohamed El Sherbini, cousin de la numéro 1 mondiale Nour El Sherbini. « De
nombreux pays sont représentés, ce qui est très important. » Face à eux, se dressera un
contingent Français aussi riche en quantité qu’en qualité, avec notamment trois jeunes
ayant récemment intégré ce top 100 (Dussourd, Masotti, Crouin).


Avec plusieurs joueurs du top 100 dont quelques Français, le spectacle devrait être au rendez-vous la semaine
prochaine au Visa Form (Crédits photo : ML Photo, Christian Lortat, Draz Foto, Philippe Rochais, Kent Open Squash,
Egyptian Streets)

Sans oublier Benjamin Aubert, qui se souvient encore « de la joie ressentie » lors de sa
victoire l’an dernier, son premier titre chez les professionnels, mais aussi « d’un club et
de personnes très accueillants. » Le natif d’Amiens n’a qu’un objectif, « donner le
meilleur de lui-même, » même si c’est Fallows qui l’attend au premier tour . « C’est
toujours sympa quand le vainqueur d’un tournoi revient l’année suivante, notamment
pour les spectateurs, » ajoutent en cœur Singh et Segers. Un public qui avait répondu
présent en 2017 (« une centaine de personnes pour la finale, »), et les organisateurs ont
d’ores et déjà anticipé une hausse. « On a retiré la vitre arrière de l’un des courts, afin
d’avoir davantage de tribunes. » Forts de l’expérience acquise lors de la première
édition, ils ont effectué d’autres ajustements, avançant par exemple le tournoi jeunes
au dimanche précédant le tournoi (11 mars). « L’an dernier, on l’avait placé le samedi, en
même temps que les demi-finales et ça avait été une très grosse journée, » sourit le
président. Avec cette volonté de toujours s’améliorer, Singh et son équipe ne cachent
pas leur souhait de franchir les paliers au fil du temps. « Quand on voit ce qui se passe à
Nantes, ça fait envie, ce tournoi est un modèle pour nous. La Savoie est une belle région,
et on peut imaginer plein d’endroits pour installer un court vitré… » « Connaissant
Sébastien, » confie Coralie Segers, « je ne doute pas une seconde qu’il voit beaucoup plus grand. » Affaire à suivre …


Le public avait répondu nombreux l’an passé, notamment lors de la finale (Crédit photo : Annecy PSA Open)

Ne manquez pas la deuxième partie de notre présentation en début de semaine
prochaine. Elle sera consacrée aux acteurs principaux du 2ème open
international d’Annecy – les joueurs – et notamment aux chances de victoire
Françaises.